Etat de l’Union européenne en 2018: défis internes et externes

Après une décennie d’affaiblissement, l’hypothèse d’une relance du projet européen par ses membres fondateurs est redevenue crédible. La période ouverte entre la formation du gouvernement allemand et les élections au Parlement européen (fin mai 2019) est favorable à de réelles avancées au dedans, notamment pour renforcer la zone euro sur la base des propositions franco-allemandes[1] du printemps 2018 (fonds monétaire, ministre des finances, budget séparé ou ligne budgétaire propre ou les deux).

Les défis internes ne manquent pas : Brexit, politique de l’Italie, enjeux nationaux-populistes en vogue avant les élections au Parlement européen en mai 2019, politiques migratoires.

Les Européens se trouvent face à de sérieux défis externes, dont le moindre n’est pas celui posé dans tous les domaines (Iran, défense, commerce, multilatéralisme) par le grand allié américain. Quel sera le degré de cohésion des 27/28 face à Washington ? Il est clair que les autres acteurs observent la scène transatlantique avec intérêt, pour pousser leur avantage (Russie, pour sortir des sanctions ; Chine pour avancer dans son projet Made in China 2025).

Il est donc crucial que l’effort de relance du projet collectif européen qui s’annonce attache autant d’importance au dehors qu’au dedans. Et dans ce domaine, certains industriels énoncent clairement ce qui doit être fait. Laissons donc un industriel allemand actif en France, Joe Kaeser, président de Siemens, poursuivre notre plaidoyer pour une « Union » forte : (A propos de l’avenir de l’Europe) « Il s’agit de bâtir une autre puissance mondiale, aux côtés des Etats-Unis, de la Chine et bientôt de l’Inde. L’Allemagne seule est trop petite pour cela. La France aussi. Jusqu’ici, l’Europe a été bien occupée par elle-même... sans prendre suffisamment en compte le monde extérieur »[2].

 

[1] Sigmar Gabriel, vice-chancelier et ministre des affaires étrangères : « Emmanuel Macron est une chance pour les Allemands » : « La France a droit à une réponse autre que le sourire las qui accueille ses propositions (sur l’Europe) actuellement à Berlin » (op.cit. 15 et 16/12/17)

[2] Les Echos, 24-25/11/17

Lire la lettre Jacques Coeur n°19

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